Les travaux de Wagstaff [6] vont d’ailleurs dans le sens de cette explication, puisqu’il a montré que l’hypnose pouvait diminuer le nombre d’erreurs produites en réponse à des questions suggestives lorsque les personnes étaient placées en état hypnotique sans que le terme d’hypnose ne soit mentionné (la technique était présentée sous le terme de « méditation focalisée »).Si l’hypnose présente des bénéfices au niveau du recueil des témoignages, une limite importante en France concerne son acceptabilité par la Justice, puisqu’un témoignage obtenu sous hypnose ne peut pas être retenu comme preuve au niveau de la procédure pénale. Nous la voulons invulnérable et la moindre de … “Convicted but innocent : wrongful conviction and the criminal justice system”.
Elles ne doivent pas non plus être posées selon la logique de l’enquêteur, mais plutôt selon celle du témoin, en respectant notamment son cheminement mental (appelé « questionnement compatible avec le témoin »).
On peut d’ailleurs noter que les personnes facilement hypnotisables se caractérisent par une forte capacité de s’absorber dans des activités et dans des productions imaginaires [2].L’histoire de l’hypnose remonte au moins à la pratique du magnétisme par le médecin autrichien Franz Mesmer, à la fin du XVIIIe siècle [3]. », le témoin a répondu « oui ». »).Ce type de questions présente tout d’abord un risque immédiat d’influence.
Les travaux en psychologie menés par Elizabeth Loftus et ses collaborateurs avaient permis, dès les années 70, de montrer à quel point il était facile de créer de faux souvenirs dans la mémoire des gens, y compris des souvenirs d’événements traumatiques ne s’étant en réalité jamais produits [2].
Compte tenu de l’ampleur du phénomène et de sa fréquence sur le terrain, des psychologues ont tenté d’apporter des solutions en évaluant le bénéfice, dans le cadre des entrevues judiciaires, de certains outils susceptibles de favoriser la réminiscence tout en réduisant éventuellement l’impact d’influences sur les témoins.
Il est un autre domaine dans lequel le risque de suggestion est extrêmement élevé : celui des psychothérapies. La mémoire manipulée - Les faux souvenirs dans les entrevues d’enquête auprès des témoins ou victimes Publié en ligne le 13 août 2015 - Psychanalyse - par Magali Ginet - SPS n° 312, avril 2015. [1] Perlini A., Spanos N. P., « EEG alpha methodologies and hypnotizability : A critical review », Il est possible que ces effets néfastes soient en partie liés aux attentes engendrées par le label même d’hypnose. Vingt ans plus tard, elle était discréditée dans les milieux scientifiques. Ce sera l’occasion, pour l’enquêteur, de rédiger le procès-verbal et d’éclaircir des contradictions ou ambiguïtés éventuelles.L’étape finale sera la clôture, au cours de laquelle l’enquêteur remercie le témoin et l’encourage à le recontacter si de nouvelles informations lui reviennent à l’esprit.Pourtant, la Justice n’est pas le seul cadre dans lequel une personne est chargée d’évoquer, de mémoire, un événement personnellement vécu. Elle nous donne le sentiment d’une continuité entre le présent, le passé, et l’avenir. L’enquêteur ne doit pas interrompre la narration, et doit se contenter d’écouter avec intérêt.Une troisième étape va consister à poser des questions. Vers 1880, l’hypnose fit une percée décisive dans plusieurs pays européens, à la fois comme spectacle populaire, psychothérapie et objet de recherche scientifique.
Pour certains, l’hypnose crée un état de conscience modifiée, et c’est cet état particulier qui produirait certains effets sur la mémoire. Nous la voulons invulnérable et la moindre de ses faiblesses nous inquiète. Grâce à elle, nous pensons savoir qui nous sommes. Skip to main content. Pour d’autres, avec une approche davantage socio-cognitiviste, ce n’est pas l’hypnose en soi qui produirait des effets bénéfiques sur la mémoire, mais des éléments non hypnotiques associés à l’hypnose, tels que des consignes d’imagerie mentale, (par lesquelles la personne va s’imaginer dans un contexte relaxant, par exemple), l’état de relaxation induit par la technique, etc.S’il n’existe pas de consensus des psychologues sur l’origine de l’effet bénéfique de la technique sur le rappel des témoins, il existe en revanche un sujet d’accord entre eux : les risques engendrés par l’hypnose. Plus l’hypnotiseur insiste pour que des souvenirs soient retrouvés, plus des souvenirs apparaissent, des vrais mais aussi des souvenirs inventés en vue de se conformer aux demandes de l’hypnotiseur [5]. Des souvenirs plus nets sont alors plus difficiles à influencer.Avec les derniers protocoles hypnotiques (omettant en particulier l’« étiquette » d’hypnose) ou avec l’entretien cognitif, les psychologues ont relevé le défi de diminuer l’impact des influences sur les souvenirs des témoins, au travers notamment des questions suggestives. Mais surtout, les témoins entendus à l’aide de l’entretien cognitif deviennent plus résistants aux questions suggestives [9]. la voiture était bleue.
Mais à la question « Elle était bien rouge, la voiture ?
Il a été démontré que l’hypnose, si elle permettait d’augmenter la quantité d’informations correctes recueillie auprès des témoins, pouvait également augmenter la quantité d’erreurs produites tout en rendant les personnes interrogées plus sensibles aux questions suggestives, pouvant aller jusqu’à la création de faux souvenirs.
Association Française pour l’Information Scientifique Le souvenir original du témoin était bien relatif à une voiture bleue. La mémoire manipulée Les erreurs dans les témoignages Publié en ligne le 4 avril 2015 - par Brigitte Axelrad - Cet article vient en complément du dossier publié dans SPS n° 312. Cet état est comparable à ce que nous vivons quand nous sommes totalement absorbés dans un livre, un concert ou un film. Ici, un faux souvenir vient d’être créé).D’un côté, de nombreuses études en psychologie [3] ont permis de montrer à quel point les questions suggestives pouvaient avoir des effets néfastes sur la mémoire des témoins ou victimes, en créant notamment de faux souvenirs. C’est ainsi qu’ils ont développé la technique de l’entretien cognitif.L’entretien cognitif est un protocole d’audition des témoins ou victimes à l’usage des professionnels de la Justice proposé initialement par deux psychologues américains : Edward Geiselman et Ronald Fisher [7]. Et, d’un autre côté, des études d’observation des pratiques policières ont permis de révéler qu’il s’agissait d’un phénomène très fréquent dans les entrevues judiciaires.