Il est né en 1911 à Amiens dans la Somme, et aura 105 ans dans quelques jours. C'est en décembre, pour échapper aux bombes, que les autorités ont décidé de nous mettre, nous les petits, à l'abri. Il a perdu plein d'argent au poker et quand il jouait aux courses, il misait sur les favoris. Il parcourt 7 000 kilomètres à vélo chaque année. »Philosophe, le cycliste, qui pourrait battre le record certifié du plus vieux Français de tous les temps à l'automne 2023 (Avant de se tourner vers le vélo, Robert Marchand a été champion de France de gymnastique. Il fait le tour de ses pièces, va de sa chambre à son séjour pour rester actif. « Je me rappelle très bien que toutes les cloches du village et des alentours ont sonné à tue-tête. Il y en avait une bonne centaine.

L'éternel cycliste a eu 25 ans sous la présidence d'Albert Lebrun, 50 ans sous de Gaulle, 75 ans avec Mitterrand et fêté son centenaire sous la présidence de Nicolas Sarkozy, en 2011, en battant ce jour-là un premier « J'étais là quand la grippe espagnole a frappé en 1918-1919, se souvient le vieil homme confiné dans son appartement de Mitry-Mory en Seine-et-Marne. Il a aussi accumulé les expériences professionnelles, tantôt pompier à Paris dans les années 1930, tantôt bûcheron au Canada du haut de ses 150 cm, exploitant de canne à sucre et éleveur de volailles au Venezuela après la guerre ou encore maraîcher, vendeur de chaussures puis négociant en vin à Paris dans les années 1960.Il a franchi tellement d'obstacles, survécu à tellement de périls, que « Ne me demandez pourtant pas comment je vais, grogne le vieil homme au caractère bien affirmé. Je vais mal, comme d'habitude ! C'est mal le connaître : « Quand je suis allé le voir ce midi, glisse Christian Bouchard, Robert était en train de faire sa lessive. « Avec une petite Polonaise hébergée comme moi, j'apportais à manger aux gars qui travaillaient dans les champs le matin et je rentrais les vaches à l'étable. Il se souvient avec une grande lucidité de ce qu’il faisait le jour de l’Armistice. Je me souviens que les gens avaient l'air heureux.
La cérémonie religieuse sera célébrée lundi 10 décembre, à 10 h, en l'église de Ludres, suivie de l'inhumation au cimetière communal. Ce n'était pas dimanche, et pourtant… » Sans le comprendre, il ne l'a jamais oublié : « Je revenais des champs où j'étais allé m'occuper des vaches, comme tous les jours. Rien ne l'arrête.

Quand je suis arrivé, je me suis mis dans un coin et j'ai pleuré comme jamais plus cela m'est arrivé dans toute ma vie.

Robert est meurtri et triste à chaque fois qu'il voit qu'on se bat quelque part sur la planète, qu'il y a des catastrophes, des gens qui souffrent. »Et un recul sur les choses que lui confèrent 108 printemps et quelques mois à bourlinguer sur plusieurs continents : « J'ai entendu le président dire que, Sous des airs parfois bougons et des yeux rieurs, Robert Marchand, qui ne mange plus de viande parce qu'il est scandalisé par ce qui se passe dans les abattoirs et préfère le poisson, cache une personnalité souvent révoltée : « Il ne le dit pas mais la chose qui l'attriste le plus, malgré son grand âge, c'est la folie du monde, interprète Christian Bouchard. Pierre Marchand (Fontenay-aux-Roses, 6 février 1915 - Mort pour la France [1] à Paris le 22 août 1942) est un résistant français, Compagnon de la Libération.Membre des Francs-tireurs et partisans, il réalise de nombreux actes de résistance et de sabotage au sein de Paris avant d'être arrêté et exécuté. » Le gamin est seul dans une région inconnue, inhospitalière, dans une famille de paysans. Le gars qui la faisait m'a demandé ce qu'était cette marque sur mon corps qu'on voyait aux rayons X. Je me suis souvenu du coup de sabot.
Robert est meurtri et triste à chaque fois qu'il voit qu'on se bat quelque part sur la planète, qu'il y a des catastrophes, des gens qui souffrent. Robert Marchand , le sportif le plus vieux du monde habitant de la ville de Mitry-Mory en Seine-et-Marne , est décédé dans la nuit du 30 novembre au 1er janvier à l'âge de 106 ans. Avant de se lever, le vieil homme lâche avec un œil malicieux : « J'écrirai un jour un livre sur tout ce que j'ai traversé. Robert Marchand, en février 2018, au Vélodrome de Saint-Quentin./Icon Sport/Anthony Dibon

« On nous a parqués pendant une journée à Denfert-Rochereau. « J'ai pris un coup de sabot d'une vache dont je m'occupais. « Je suis resté là-bas jusqu'en 1919. »Son cœur surtout ne veut pas s'arrêter alors il affronte le présent avec vigueur.